C’est la rentrée!
Avez-vous pensé à un bon classique pour faire passer le temps plus vite dans le métro ou le RER?
Ou pour la pause du midi? Que diriez-vous de rejoindre les banquets de Flaubert ou de vous joindre à une partie d’échecs avec Zweig?
Et oui, c’est possible! Jetez donc à un œil à la liste ci-dessous.


- Autriche

Stefan ZWEIG, Le Joueur d’échecs - Bookine, Iluze
Stefan ZWEIG, Le Monde d’hier - Bénédicte
Stefan ZWEIG, Un Soupçon légitime - **Fleur**
Stefan ZWEIG, Le Voyage dans le passé - Fran6h

- Espagne

Federico GARCIA LORCA, Mariana Pineda - Miss Babooshka

- France

Honoré de BALZAC, La Femme de trente ans - Miss Babooshka
Albert CAMUS, Caligula - Bénédicte
Albert CAMUS, Le Malentendu - Bénédicte
Romain GARY, La Promesse de l’aube - Awa
Madame de GENLIS, La Femme auteur - Cynthia
Victor HUGO, Mangeront-ils? - Miss Babooshka
Prosper Mérimée, Colomba suivi de Carmen - Romanza
Françoise SAGAN, Bonjour Tristesse - Choco
Françoise SAGAN, Un Certain Sourire - Choco
George SAND, François le Champi - Val
George SAND, Mattea - Kathel
Boris VIAN, L’Ecume des jours - Irrégulière
Boris VIAN, Les Morts ont tous la même peau - Ambroisie
Honoré d’URFE, L’Astrée - Estellecalim

-Royaume Uni

Richard D. BLACKMORE, Lorna Doone - Keisha
Rafael SABATINI (un peu italien aussi), Le Faucon des mers - Folfaerie
William SHAKESPEARE, Roméo & Juliette - **Fleur**
W. WILKIE COLLINS, Sans Nom - Marie

- Russie

Nicolas GOGOL, Le Journal d’un fou suivi de Le portrait et de La perspective NevskySentinelle
Anton TCHEKHOV, Front blanc - Iluze

- Hors frontière et en anglais

(petite exception)

Lucy Maud MONTGOMERY, Anne of Green Gables – Majanissa (Tome 1, Tome 2, Tome 3)

Depuis quelques mois, j’écris peu… mais je lis beaucoup. Quelques notes de lecture, en vrac.

Joséphine

Tome 1

Pénélope Bagieu

(Livre de poche, 2010, petit format)
(Ed. Gawsewitch, 2008, grand format)

Trois bonnes raisons de lire Joséphine:
Joséphine cristallise une bonne partie des complexes féminins et nous fait rire: ces petits riens qui gâchent la vie font peut-être notre charme? Sans être un archétype, Joséphine est ordinaire, c’est un peu toutes les femmes, et chaque lectrice s’y retrouvera à un moment donné. D’ailleurs, Pénélope Bagieu l’a dit à Muze: « Je dessine quelqu’un qui me ressemble ou qui évoque mes copines. »
Cette BD est aussi une somme du quotidien: des anecdotes, des situations banales comme le retour de vacances, la machine à café, ou Maman au bout du fil… Nul doute que chaque lectrice, à nouveau, s’y retrouvera! Nul doute que ces situations cocasses, drôle sou agaçantes, vous feront sourire.
Le dessin, simple, minimaliste, et toujours expressif, porte l’humour tout autant que les dialogues, également vifs et directs. Bien vu, bien pensé.
En bref: une bonne dose d’humour pour toutes les humeurs!

Quoi de mieux qu’un aperçu en images pour vous faire une idée?
Voici les cinq premières planches de Joséphine.






***

Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Katherine Pancol

Ed. Albin Michel, 2010

C’est le troisième tome des aventures de Joséphine, en quête de repères et d’elle-même, mère de deux adolescentes, Hortense et Zoé, également sur le chemin de la vie et de ses innombrables obstacles… Leurs routes et détours croisent Philippe, le beau quadragénaire qui cherche l’Essentiel, Shirley, toujours aux prises de son passé, Gary, toujours à l’épreuve…
Autant de destins que de rêves, de désillusion, de cœurs…

Si vous avez aimé Les Yeux jaunes des crocodiles et La Valse lente des tortues, vous aurez plaisir à retrouver cette fine équipe et de trouver avec eux leurs réponses tant cherchées. Cette fois-ci, la part belle est donnée aux « jeunes » et que de complications! Joséphine est tout de même très présente, très agaçante parfois aussi: toujours en proie à des choix cornéliens, des doutes abyssaux… Du Joséphine tout craché!
Cependant, comme c’est souvent le cas avec les suites de suites de suites, l’histoire s’essouffle: ce troisième tome offre peu de surprises, sinon aucune, aucun rebondissement digne de ce nom. On connaît les personnages, on connaît leur « fonctionnement » et on connaît la plume de l’auteur. En bref, tout est prévisible. Par ailleurs, le « petit bonhomme » et son journal parasitent le roman et n’apportent pas un grand intérêt à l’intrigue.
Au final, malgré une certaine déception (pas d’envoûtement), Les Écureuils sont une lecture agréable et divertissante. Forcément, Joséphine et sa maladresse, on l’aime bien! Les autres aussi, d’ailleurs. Et même si le roman n’a pas la verve des premiers, un souffle d’optimisme égayera le lecteur.

Après un premier extrait ici et un second par , je poursuis ce petit historique littéraire et social sur la gent féminine.

Un saut dans le passé et nous voici au temps de l’Empire romain et du grammairien Aulu-Gelle, au Ier siècle après J-C.
A cette époque, les femmes sont soumises au Pater familias, c’est-à-dire qu’elles sont soumises à l’autorité du père, puis du mari (« bonne à marier » dès l’âge de douze ans!). Elles ont peu de droits et restent politiquement mineures toute leur vie. En fait, leur rôle est principalement celui de « mère ». Cependant, elles ont la possibilité de s’émanciper; mais alors, elles perdent non seulement leur foyer mais aussi la protection des dieux de leur famille. Choix difficile…

Lors de séjours à Athènes, Aulu-Gelle a écrit de nombreuses notes et rapporte une anecdote au sujet de Socrate (Ve siècle avant J-C).
A Athènes, à l’époque du philosophe, la femme est déjà une « éternelle » mineure sans droit politique ou juridique, toujours soumise à l’autorité de l’homme (père, mari, voire fils). En gros, l’existence la femme se « résume » à l’éducation des enfants et son univers se restreint à la maison. Un peu plus tard, des femmes comme Bérénice sortiront de l’ombre… Ouf!

Femme assise jouant de la cithare (Fresque de la Villa de P. Fannius Synistor à Boscoreale, ca 40-30 av. J.-C.)

Après cette brève contextualisation, passons à cette petite anecdote, un tantinet satirique…

« La poison »

On raconte que Xanthippe, l’épouse du philosophe Socrate, était très acariâtre et querelleuse, jour et nuit, de façon toute féminine, elle était continuellement de mauvaise humeur et difficile à vivre. Alcibiade exprima son étonnement à son mari à propos des caprices de celle-ci et demanda à Socrate pour quelle raison il ne renvoyait pas de chez lui une femme si revêche. « Parce que, répondit Socrate, en supportant patiemment une telle femme chez moi, je m’accoutume et m’entraîne à accepter plus facilement l’impudence et l’injustice des autres aussi, à l’extérieur. » D’accord avec cette idée également, Varron, dans une satire Ménippée qu’il écrivit à propos du devoir du mari, dit : « Celui qui élimine ses défauts, possède une épouse plus plaisante; celui qui les supporte, progresse pour lui-même ».

AULU-GELLE, Les Nuits attiques, 1,17.

L’idée de Varron est aujourd’hui plus connue sous la sentence suivante qu’on attribue à Socrate:

Dans tous les cas, mariez-vous. Si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux. Si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l’homme.

Le jeudi, c’est citation est initié par Chiffonnette.

Après un savoureux petit extrait de Maupassant, j’ai bien envie de poursuivre la citation du jeudi sur la même thématique. A savoir: la gent féminine.

Commençons par l’une des œuvres fondatrices de notre société (française, voire européenne ou même occidentale): la Bible.
Le but n’est pas de lancer une polémique (quoique ça pourrait être intéressant), encore moins de blesser ou provoquer les Croyants. Toujours est-il que la Bible a été utilisée, à bon ou à mauvais escient. Inutile de refaire l’Histoire. Cela dit, elle permet d’éclairer la condition féminine…

Eve, par Anna Lea Merritt (Etats-Unis, 1844-1930)

Quelques extraits:

La création de la femme – La Genèse, chapitre 2, 18-24

18 – L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui.
19 – L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme.
20 – Et l’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui.
21 – Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.
22 – L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme.
23 – Et l’homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme.
24 – C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

On pourrait facilement mal interpréter la Bible. Et si on tape « place femme Bible » dans un moteur de recherche, on peut tomber sur des pages qui n’hésitent pas à biaiser le message. Ainsi, on diminue la femme à l’animal de compagnie de l’homme, ou encore, on ne garde des paroles de Pierre qu’une partie, comme celle-ci: « Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris » (3,1), qui sortie du contexte fait dresser les cheveux sur la tête. En réalité, ce n’est pas ce que Pierre a voulu dire. Ses paroles sont les suivantes:

3.1, 3.2 – Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée.

Ou encore:

3.3, 3.4 – Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu.

On adhère ou pas, mais, même si la femme se doit d’être silencieuse ou soumise, elle n’est pas pour autant considérée comme un chiffon sale de la maison.

"Remodelage créatif" de Playmobil "qui sert les intérêts de l'art et de la religion", par le révérend Markus Bomhard (Allemagne, 2009)

En revanche, les écrits de Timothée semblent plus sévères à l’égard de la femme:

2.11 – Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission.
2.12 – Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence.
2.13 – Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite;
2.14 – et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression.
2.15 – Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans la charité, et dans la sainteté.

Ce pourrait être un billet sans fin… Mais, il faut bien le conclure.

Le jeudi, c’est citation est initié par Chiffonnette.

Voilà quelques mois, j’ai lu le tome 1 d’Eternels, la saga à succès d’Alyson Noël. Si je n’ai pas été enthousiasmée par ce roman, je l’ai néanmoins suffisamment apprécié pour vouloir « savoir la suite »…
A l’instar du
Jessica’s Guide, j’ai proposé ce roman à « mes » jeunes. Si ce roman a bien tourné, passé de mains en mains, tous n’ont pas voulu écrire de petits mots dessus. Quoiqu’il en soit, nous remercions Anissa des éditions Michel Lafon pour sa confiance… et surtout pour sa patience! Nous aurions dû écrire ce billet en avril. Mille excuses.

Eternels

Tome 2: lune bleue

Alyson Noël

Titre orig.: The Immortals – Blue Moon
Trad. anglais (Etats-Unis): Laurence Boischot, Sylvie Cohen
Ed. Michel Lafon, 2010



L’histoire, en quelques mots
Ever a enfin retrouvé le sourire! Elle file un parfait amour avec le sombre et non moins séduisant Damen. Pourtant, du jour au lendemain, leur relation part en fumée… Le monde si fragile d’Ever s’écroule. Même ses amis, Miles et Haven, lui tournent le dos. Tout lui échappe… Que se passe-t-il? Est-ce que le nouveau, Roman, aux antipodes de Damen, blond, évidemment beau, et populaire, y est pour quelque chose? Ever mène l’enquête, cherche à accéder à l’Eté perpétuel, cet entre deux mondes afin de comprendre le passé et d’entrevoir l’avenir… Elle essaie même de réécrire l’histoire…
Intrigues et révélations sont au coeur de ce second tome.

Ce que j’en ai pensé
Mon avis est très partagé… La première moitié du roman m’a paru bien longue et à plusieurs reprises, je me suis demandé s’il y avait un quelconque intérêt à ce second tome. En effet, les roucoulades d’Ever et Damen, puis les interrogations de la première occupent toute la place: il ne reste rien pour la profondeur des sentiments ou pour l’introspection, le recul… Bref, comme dans le premier tome, c’est superficiel, très superficiel, et… répétitif. Quoi de plus dommage pour un amour censé avoir traversé les siècles! Ce dernier est bien trop lisse pour faire vibrer les cœurs.
Pourtant, j’ai eu bien fait de persévérer dans cette lecture: la seconde partie est bien plus dynamique, bien plus obscure aussi et bien plus perverse. On s’amuse enfin! Alors que tous les personnages soupçonnent la jolie blonde de devenir folle, paranoïaque, alors que tous se retournent contre elle, le grand méchant entre en scène et achève l’héroïne. Et quel pervers! Il est machiavélique à souhait et pimente le récit. Pour autant, Ever ne désespère pas et s’accroche à ce qu’elle croit juste et vrai. Elle emprunte des chemins de traverse et parvient enfin à attirer sympathie et compassion. Bien rythmée, cette seconde partie explore l’Inconnu et manque toujours de profondeur: on voudrait en savoir plus, comprendre mieux les événements et les actions…
En fin de compte, cette seconde partie ravive l’intérêt du lecteur et le retournement de situation final donne même envie de lire le troisième tome.

Une bonne lecture divertissante pour l’été!

Ce que Maïlys en a pensé (15 ans)
Je ne l’ai pas aimé car il est ennuyant. L’histoire ne m’a pas du tout intéressée, c’est décevant. Le rythme de l’histoire est lent, c’est toujours pareil. Il n’y pas assez d’action. Je ne l’ai même pas terminé.
J’ai préféré le premier tome parce qu’il m’avait touchée…

Ce que Catherine en a pensé (14 ans)
Ce tome 2 est un peu décevant. En effet, je l’ai trouvé moins bien écrit, les phrases plus « crues » que dans le premier tome. En revanche, l’histoire est plus intrigante et mieux construite. Le suspense demeure entier presque jusqu’à la fin. Il faut lire avec beaucoup d’attention la deuxième partie du livre car il n’y a pas de logique apparente, les actions s’enchaînent toutes très vite, avec peu d’explications, et il y a des risques de confusion.
Les personnages sont très attachants, émouvants, comparés à la plupart des autres héros de romans jeunesse: on les sent presque « humains ».
Note: 7/10

Encore merci à Anissa et aux éditions Michel Lafon pour leur confiance!

A noter que le tome 3, Le Pays des ombressera bientôt disponible.

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